Le Mandat de la jeunesse: Du vent et rien de plus.

Ibrahim Boubacar Keita, fraîchement réélu à la tête du Mali, dans une déclaration faite le lendemain de la proclamation des résultats définitifs de l’élection présidentielle, a laissé entendre que son second mandat sera celui de la jeunesse.

Une double constatation nous conduit à nous interroger quant à la portée de cette déclaration. D’une part, les promesses non tenues lors de son précédent mandat et d’autre part, l’absence d’un programme pertinent articulé autour des préoccupations des jeunes, nous passent à croire que le président, cette fois non plus, ne travaillera pas à redonner de l’espoir à la jeunesse malienne.

La non tenue des promesses : une habitude chez IBK.

Ce n’est pas la première fois qu’IBK tient des promesses à la veille d’une investiture. En 2013, il avait promis le bonheur aux maliens en jurant de restaurer l’honneur du Mali, de créer de milliers d’emplois pour les jeunes et de ramener la paix.

Son premier quinquennat s’est achevé sans qu’aucune de ces promesses ne soit suivie de l’effet escompté. Pie, le népotisme et le clientélisme alimentés sciemment par ses parents et collaborateurs n’ont laissé aucune chance à la jeunesse. Ce qui explique, en partie, le désarroi actuel de celle-ci.

De plus, les quelques jeunes qui ont été promus ministres, ont été vite remerciés et la propagande entretenue par le camp du président à leur sujet, a voulu faire croire à l’opinion nationale que les jeunes maliens sont infertiles en matière de propositions de solutions aux difficultés que traverse le pays.

Mais, à notre avis, IBK à travers cette déclaration, vient de reconnaître à demi – mot qu’au cours de son premier mandat, il n’a pas été en mesure de répondre efficacement aux attentes de la jeunesse. Cet aveux même masqué aurait pu nous faire espérer un changement dans la façon de gérer la question  » jeunesse  » dans ce second mandat si IBK avait présenté un plan d’actions pertinent sur le sujet.

Absence d’un programme pertinent et soucieux du devenir des jeunes.

C’est donc au crépuscule de sa vie politique que le vieux voudrait nous faire croire que tel un alchimiste à la fin d’une périlleuse initiation, il aurait trouvé la pierre philosophale qui permettra aux jeunes de s’épanouir et l’élixir de vie qui donnera un souffle nouveau à la nation.

Soit. Mais mettre les jeunes au centre d’un mandat, suppose dans notre entendement, un plan d’actions assorti de contraintes de temps et de coût pour parer aux problèmes du chômage, de l’immigration clandestine et de l’extrémisme violent qui coupent le sommeil aux jeunes. Cela suppose également que des grandes ouvertures leur seront faites pour les impliquer dans la gestion des affaires publiques et dans les prises de décision, qu’ils auront la possibilité de s’exprimer librement sur toutes les questions touchant à la vie de la nation, que la corruption et les injustices seront combattues.

Malheureusement, IBK, dans les campagnes électorales, n’a pas donné l’impression qu’il disposait d’un tel plan et n’a pas dit qu’il changera sa façon de gouverner le pays. Pour preuve, sa stratégie pour battre campagne, a consisté en gros à présenter au public des réalisations supposées ou avérées qu’il aurait réussies durant son premier quinquennat.

Il est donc fort probable qu’il continue de gérer par tâtonnements et laissera ses amis et famille politique profiter d’une dernière occasion pour se remplir les poches.

Les attentes des jeunes sont nombreuses et assez complexes pour espérer les combler au moyen de slogan creux, de discours mielleux mais qui sonnent faux et dont IBK se fait le spécialiste inimitable.

IBK et son second mandat de la jeunesse, nous n’y croyons pas un mot.

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Mali: l’après – élection m’inquiète.

Le président sortant Ibrahim Boubacar Keita (IBK) vient d’être réélu à la tête du Mali.

Pour la communauté internationale, le scrutin du 12 août dernier est jugé acceptable même s’il a été constaté quelques incidents( bureaux de vote fermés et matériels électoraux brûlés sous la pression d’individus armés).

Mais pour Soumeila Cissé (Soumi), principal challenger d’IBK, député à l’Assemblée Nationale du Mali et chef de file de l’opposition, les résultats proclamés par la cour constitutionnelle ne reflètent pas la réalité du scrutin qui, à ses dires, a été entaché d’irrégularités ( bourrage d’urnes, achat de conscience, utilisation de biens de l’État dans les campagnes électorales).

C’est pourquoi il affirme ne pas reconnaitre IBK comme président de la République.

Cependant, il ne souhaite pas recourir à la violence pour combattre ce qu’il qualifie de mascarade électorale mais usera plutôt des moyens légaux, a – t – il laissé entendre dans une déclaration faite au siège de son parti à Bamako.

Moi, je ne crois pas que tout ce remue – ménage soit fait dans l’intérêt du peuple malien car les marches ne feront partir IBK et le fait que Cissé ne le reconnaisse pas comme président risquerait de nous priver d’un opposant de taille face à un IBK passé maître dans l’art de dilapider nos maigres ressources.

Les marches ne feront partir IBK.

Au Mali, l’organisation des élections revient au ministère chargé de l’administration du territoire qui, seul est habilité à proclamer les résultats provisoires. En cas de contestation des résultats, la cour constitutionnelle qui prononce les résultats définitifs, tranchera. Mais si les résultats proclamés par la cour sont contestés, il n’y a hélas, rien qu’on puisse faire.

Soumeila, qui a épuisé toutes les voies de recours, ne compte pourtant pas s’arrêter à mi chemin. Il semblerait qu’il ait misé sur les marches pacifiques pour mettre la pression sur le pouvoir en face.

Même si les marches sont légales, elles ne feront partir IBK qui est reconnu comme démocratiquement élu par les institutions du pays ainsi que par la communauté internationale.

Dans les meilleurs cas, ces marches aboutiront à une solution négociée pour partager les postes ministériels entre politiques et dans les pires des cas, à un bain de sang. Dans tous les cas, où se trouve l’intérêt du peuple ?

Ne pas reconnaître IBK comme président est sans avantage.

Quand on ne reconnaît pas une autorité, on ne reconnaît aucune décision émanant d’elle.

Soumeila Cissé, s’il persiste à ne pas reconnaître IBK comme président, il ne devrait reconnaître ni le premier ministre ni les ministres qui seront choisis d’ici les élections législatives prochaines. L’URD, son parti politique ne présentera pas de candidat à la députation et il n’y aura probablement pas d’opposant à l’Assemblée Nationale pour dénoncer les infractions, animer les débats et faire des contre – propositions, toutes choses nécessaires à la démocratie.

A mon avis, Cissé doit revoir sa position. Qu’il reconnaisse IBK comme président et qu’il continue d’être cet opposant à même de secouer le pouvoir.

En découdre avec l’idée selon laquelle l’on n’est élu que pour soi.

En Afrique, ce que l’on appelle « démocratie » dans les discours n’est en réalité, dans la pratique qu’une autocratie  » déguisée « , auréolée de népotisme.

C’est pourquoi, entend – t – on souvent dire que » celui qui est élu, est élu pour lui – même et les siens ».

Une conception du rôle de l’élu qui n’est pas pour déplaire à nos dirigeants qui se disent démocrates, républicains ou nationalistes, sans réelle conviction, leur sport favori étant l’utilisation de l’argent du contribuable pour assouvir des intérêts égoïstes.

Pourtant, les politiciens lorsqu’ils sont de l’opposition, les syndicats, les organisations des droits de l’homme, les ONG, la presse, les associations féminines et juvéniles ont de tout temps dénoncé le phénomène.

Malheureusement, ils sont peu ou mal compris des populations qui les qualifient d’agitateurs de l’ordre public, encouragées en cela par les tenants du pouvoir.

Pourquoi, le phénomène perdure – t – il ?

Des concepts mal compris ?

L’accaparement des richesses, au haut sommet de l’État, par l’élite dirigeante, perdure parce qu’à ce stade de nos jeunes démocraties, nous ne sommes pas suffisamment approprié les mécanismes qui, en principe, doivent être les gardes -fous contre le phénomène.

La démocratie, pour beaucoup de gens, en Afrique, est réduite à une seule de ses composantes: la participation de tous au choix des dirigeants. Une fois, le dirigeant choisi, pense – t -on, il peut disposer du pays et de ses ressources comme d’une possession personnelle. Une idée du chef, toujours ancrée dans la conscience collective et qui tire son origine probablement du temps des royaumes et des empires où les populations pouvaient être consultées sur des questions touchant à la vie de la nation mais les décisions et les richesses appartenaient au chef.

Les opposants politiques à un régime sont perçus comme des mauvais perdants qui, n’ayant pas pu accéder au pouvoir par les voies légales tentent de l’arracher en semant le désordre et en détruisant ce que le pouvoir construit. Une idée perpétrée par les régimes qui, les premiers ont été aux affaires dans nos pays et qui se retourne malheureusement contre eux lorsqu’ils se retrouvent aujourd’hui dans l’opposition

Ceux qui sont à la tête des organisations de la société civile sont, aux yeux de certains, des opportunistes qui, dans les meilleurs des cas, ne défendent que les intérêts d’une corporation ou d’une couche socioprofessionnelle et même au détriment de l’intérêt général.

La presse et les ONG dans une moindre mesure, sont taxées de partiales lorsqu’on ne les croit pas jouant le jeu du pouvoir ou celui de l’opposition.

A un pouvoir qui abuse, un contre – pouvoir qui modère.

L’élection, dans le contexte démocratique, traduit la volonté des populations de confier la gestion des affaires publiques à l’un des leurs.

Mais en retour, ce dernier se doit non seulement de respecter et de faire respecter la loi mais aussi de rendre compte au peuple de la manière dont les biens de la communauté ont été utilisés.

Et lorsque l’élu abuse de la confiance placée en lui en s’adonnant à toutes sortes de pratiques malsaines, le peuple à travers ses différentes composantes (sociales, politiques et professionnelles) est en droit de le lui faire savoir.

Les partis politiques de l’opposition, les syndicats, les organisations de la société civile, la presse, doivent être encouragés, pour que les pressions qu’ils exercent sur les décideurs soient suivies d’effets.

En effet, face à un pouvoir qui abuse, rien de plus efficace qu’un contre – pouvoir qui modère.

Sahel: La forte consommation du bois – énergie, une menace pour les forêts.

Dans les pays du sahel, comme d’ailleurs partout en Afrique, le bois et son dérivé, le charbon de bois, constituent la principale source d’énergie, utilisés à des fins domestiques par de nombreux ménages.

DE GROMARD Christian et LOUVEL Roland ont estimé dans l’Encyclopédie de l’énergie (article n°063, novembre 2015) que: << Au Sénégal, en 1996, les combustibles ligneux, fournissaient 85% de l’énergie domestique consommée, soit 1 170 000 tonnes de bois ( dont 90% en zone rurale) et 330 000 tonnes de charbon de bois dont près de 50% en zone rurale.>>

Au Mali et au Niger, ils satisfaisaient en 2004 au moins 90% des besoins en énergie de la population rurale.

A l’heure actuelle, la pauvreté des populations qui rend inaccessibles le gaz butane et l’électricité au grand nombre et la forte croissance démographique que connaît la Région du Sahel, font accroître la demande.

Du coup, le secteur est devenu pourvoyeur d’emplois temporaires ou à plein temps pour beaucoup de personnes et l’on s’adonne pour l’instant à coeur de joie à la coupe abusive du bois.

Mais l’action anthropique combinée aux sécheresses qui ont fréquemment cours dans le Sahel ne constituent – elles pas une menace pour les forêts ?

Quelles solutions pour pouvoir profiter durablement des ressources de nos forêts ?

Une menace pour les forêts.

La forte dépendance des habitants du Sahel aux combustibles ligneux fait que l’on s’adonne de façon anarchique à la coupe abusive du bois. Au rythme où vont les choses, il risque bientôt de ne plus rester de forêts dans le Sahel.

Au Burkina Faso, 250 000 hectares de forêts sont défrichés annuellement pour faire face à la demande en bois de chauffe et 75000 hectares sont transformés en champs alors que seulement 1000 hectares sont reboisés. Au Niger, une forêt classée sur quatre a disparu et toutes celles qui subsistent sont dégradées ou en voie de disparition. Au Mali, la disparition des forêts se fait à raison de 100 000 hectares par an. (Sécheresse n°3, volume 15, septembre 2004).

De plus, seule une infime partie de la quantité de CO2 issue de la carbonisation du bois est absorbée par les forêts, l’autre partie participe au réchauffement climatique qui lui, n’est pas sans conséquence sur l’Homme et sur la nature.

Les solutions proposées.

Pour pouvoir profiter durablement des ressources de nos forêts, il faut songer à inscrire nos habitudes et comportements dans une dynamique de recherche de l’équilibre écologique. Les solutions proposées par les chercheurs et spécialistes dans le domaine sont:

La plantation d’arbres.

On peut par exemple identifier les arbres les plus utilisés dans l’énergie domestique et procéder à leur plantation à grande échelle.

L’utilisation des foyers améliorés.

Les foyers améliorés réduisent la consommation d’énergie et permettent de préserver l’environnement.

L’utilisation du charbon vert.

Le charbon vert est fabriqué à partir des résidus agricoles ou d’autres types de biomasse renouvelable non utilisable d’une autre façon. ( Pro – natura, décembre 2008).

Le renforcement des textes juridiques et réglementaires qui régissent la coupe du bois, le transport et la vente du charbon de bois.

La sensibilisation des populations sur les dangers qui guettent leur santé et ceux liés à la coupe abusive du bois.

Le Sahel à l’épreuve du réchauffement climatique.

Au Sahel, l’hivernage promet cette année.

Pour preuve, au Mali, les zones, connues pour être traditionnellement les moins arrosées, viennent d’être gratifiées de fortes pluies en ce mois d’août. La ville de Tombouctou a enregistré 74 mm de pluie la semaine dernière( Un peu plus que la moyenne annuelle de ces cinq dernières années). Elle a fait tomber des maisons construites aux abords des bas -fonds.

Des risques d’inondation.

Les pluies sont très attendues par les populations notamment les agriculteurs et les éleveurs qui, eux, ont assisté les mois passés à la perte de leurs bétails faute de nourriture et d’eau dans les zones de pâturage.

On ne doit pas pour autant se réjouir car un de ses agents de Mali -météo, évoquait, il y’a de cela une semaine, à la télévision malienne, des risques d’inondation courant 2018.

Dans le cas où cette prévision se confirmait, les conséquences pourraient être énormes comme c’est généralement le cas dans les pays du Sahel.

D’innombrables conséquences par le passé.

Les fortes pluies et les inondations ont été suivies dans bien de cas d’énormes pertes matérielles et humaines.

Le CILSS (Comité permanent Inter -États de Lutte contre la Sécheresse dans le Sahel), dans un bulletin intitulé Le Sahel face aux changements climatiques, enjeux pour un développement durable, soutient qu’en:

<< 2005: Entre le 16 et le 22 août, Dakar a enregistré 367 mm de pluie, soit plus de la moitié du cumul pluviométrique moyen annuel. Il s’en est suivi l’inondation de nombreuses habitations et celle de la route nationale 1.

2007: Pires inondations en Afrique de l’ouest depuis plus de 30 ans avec 33 morts au Burkina Faso, 23 au Nord Togo, 46000 déplacés dont 26000 au Burkina Faso et 14000 au Togo. Au Burkina Faso, 17 689 ha de cultures inondées, des pertes de production de l’ordre de 135 500 tonnes, 55 barrages dont des digues ont cédé…>>

En Côte d’Ivoire, des inondations ont récemment causé le déplacement de nombreuses populations.

Il semble donc évident que le Mali comme la plupart des États ouest africains, bien que habitués aux inondations, ne se sont pas suffisamment adaptés.

Des mesures lacunaires.

Les populations n’hésitent pas à prendre des initiatives de leur propre chef, pour se mettre à l’abri. Par exemple, en début d’hivernage, nombreuses sont les associations de jeunes qui, dans les pays Sahéliens, organisent des journées de curage de caniveaux. Cette mesure, à elle seule, est insuffisante d’autant plus les villes ne disposent pas en général d’une bonne politique d’urbanisation. Les gouvernements, les autorités locales sont plus que jamais interpellés. La mobilisation des services de secours et les programmes d’urgence sont certes importants mais il reste néanmoins que, les États réagissent tardivement et de façon peu efficace. Les actions et initiatives entreprises par les États pour prévenir les phénomènes météorologiques extrêmes restent lacunaires alors que les évolutions futures du climat pourraient rendre ceux-ci plus intenses.

Évolutions futures du climat au Sahel.

D’après les études menées par des ingénieurs du CILSS, l’Afrique de l’ouest sahélienne connaîtrait en 2050, une augmentation des températures autour de 2°C.

Selon 29 modèles climatiques, la tendance serait à la hausse des pluies dans le Sahel Est et à la baisse dans le Sahel Ouest.

Les événements extrêmes ( vagues de chaleur , inondations et sécheresse) seraient plus intenses et plus fréquents d’ici la fin de ce siècle. La probabilité étant de 90% pour les deux premiers et de 66% pour la sécheresse.

Une gestion basée sur à la fois la prévision et la prévention.

Les États, pour préserver, les populations et leurs biens, les infrastructures et les systèmes naturels de conséquences des phénomènes extrêmes, doivent:

– Être en mesure de les prévoir en encourageant les recherches et en se dotant d’outils performants.

– Informer et sensibiliser les populations sur les risques de catastrophes et sur la conduite à tenir en cas de catastrophe avérée. Mettre en place des systèmes d’alerte efficaces.

– Réviser les politiques qui existent en matière d’urbanisation des villes et les adapter aux événements extrêmes.

– Développer de méthodes agricoles susceptibles d’aider à amoindrir les effets du réchauffement climatique sur les sols et l’eau.

– Lutter contre la déforestation, la désertification, les feux de brousse et protéger la faune et la flore en renforçant les mesures juridiques et réglementaires.

– Songer à vulgariser les énergies respectueuses du climat en facilitant l’accès aux énergies renouvelables que les populations doivent utiliser progressivement à la place des combustibles fossiles.

Le rêve est permis. Il appartient aux hommes et aux femmes de la Région du Sahel de le transformer en réalité.

Présidentielles 2018 au Mali: Requêtes et quête du pouvoir risquent de déstabiliser le pays.

Hier, la cour constitutionnelle du Mali a proclamé les résultats définitifs du premier tour de l’élection présidentielle. Le président Ibrahim Boubacar Keita (IBK), candidat à sa propre succession et le chef de file de l’opposition Soumeila Cissé s’affrontent au second tour prévu ce dimanche 12 Août 2018.

Si, pour les partisans d’IBK, le premier tour s’est déroulé sans incident majeur, 20 candidats ne sont pas de cet avis. Ils sont montés au créneau pour dénoncer ce qu’ils qualifient de mascarade électorale.

Des résultats contestés.

Dès la proclamation des résultats provisoires par le ministère de l’administration territoriale, des déclarations émanant d’une vingtaine de candidats ont fusé de toute part pour les contester. Les raisons avancées sont entre autres:

– la non neutralité d’agents et services de l’État, accusés d’avoir orchestré la victoire d’IBK.

– le bourrage d’urnes et le trucage des résultats mis à nu par les nombreuses incohérences décelées ça et là lors de la centralisation.

– les incidents survenus dans les zones non favorables au candidat IBK.

Aussi, la cour constitutionnelle a été saisie afin d’invalider les résultats de tous les bureaux en erreur.

Des requêtes rejetées.

La cour constitutionnelle n’a fait que confirmer les résultats provisoires à quelques réajustements près. Les requêtes concernant le départ du ministre de l’administration territoriale, chargé de l’organisation des élections et la récusation de six de neufs sages de la cour constitutionnelle, ont été également ignorées.

Tous les ingrédients d’une crise réunis

Les déclarations faites par les candidats contestataires avant et après la proclamation des résultats définitifs sont à l’origine de certaines spéculations qui vont bon train dans les villes et les campagnes. Les partisans de l’un et de l’autre camp sont très actifs dans les débats qui font rage sur les réseaux sociaux et dans les grins, les salons et les marchés. On attribue à des candidats ou à leurs proches collaborateurs des propos diffamatoires pouvant inciter à la haine et à la violence.
Une situation qui, si elle n’est pas tenue en lisières, risque de raviver les tensions récemment ouvertes par les conflits interethniques au centre et au nord du pays et celles déjà vieilles générées par la crise politico – sécuritaire de 2012. Une nième crise à laquelle notre pays ne survivra pas.

Des appels à la retenue.

C’est cela qu’ont pressenti de nombreux associations et mouvements nationaux et internationaux.

La ligue des imams du Mali et le conseil national des jeunes du Mali, dans des déclarations lues à la télé, ont appelé les candidats à mettre le Mali au dessus des intérêts personnels et à œuvrer pour sauvegarder la cohésion sociale et l’unité nationale.

La mission d’observation de l’Union européenne a demandé aux candidats de privilégier les voies de recours légales pour le règlement des différends.

Pourvu que tous ces appels soient entendus.

Le désert du Sahara: la preuve du défaitisme chronique des États africains.

Fort de ses 8,5 millions de kilomètres carrés, le Sahara est le plus grand désert du monde. Soumis à de fortes contraintes physiques et climatiques mais riche d’importantes ressources souterraines, cet espace qui sépare l’Afrique du nord et l’Afrique Subsaharienne, capte aujourd’hui les attentions pour plusieurs raisons. Il constitue une tombe pour les voyageurs malchanceux qui le traversent mais est un abri sûr pour les bandits qui y ont élu domicile. Il constitue une source d’espoir pour ses États limitrophes mais est un objet qui suscite la convoitise de la part des puissances mondiales.

Une tombe pour les voyageurs malchanceux.

Constitué en grande partie de dunes de sable qui s’étendent à perte de vue, argileux et caillouteux en certains endroits, le Sahara connaît un climat aride qui y rend toute vie difficile. Par exemple, au mois de juin dernier, dix – sept personnes dont des femmes et des enfants y ont trouvé la mort. Elles venaient de l’Algérie, à bord d’un véhicule 4×4 et se dirigeaient vers Tombouctou (Mali), lorsque le chauffeur, par mégarde, s’aventura sur une route inconnue. Perdues dans l’immensité désertique, au milieu de nulle part, elles ont erré deux jours, avant de succomber toutes, l’une après l’autre à la soif.

Cet incident est loin d’être le premier du genre. Il ne se passe pratiquement pas de semaine sans que des jeunes africains originaires généralement du Mali, du Niger, de la Côte d’Ivoire, du Ghana, du Burkina Faso, du Bénin, du Sénégal… et tous candidats à l’immigration clandestine, ne soient trouvés morts dans des conditions similaires.

Un abri pour les bandits

L’immensité de l’endroit ajoutée à la faiblesse des moyens des pays limitrophes et à la complexité de la gestion des frontières en font la cachette privilégiée des terroristes et des barons de la drogue. De nombreux groupes armés s’y adonnent au trafic de la cocaïne, « au commerce  » des otages, aux razzias et autres délits de même acabit.

Une source d’espoir pour les États limitrophes.

Pourtant, des récentes études prouvent que le Sahara dispose d’importantes ressources souterraines : Hydrocarbures, uranium, phosphates, nappes aquifères. A cela s’ajoute son énorme potentiel en matière d’énergies renouvelables ( Solaire, éolienne et géothermique). Les états fondent l’espoir sur ces richesses pour éradiquer la pauvreté et pour asseoir leur développement.

Convoité par les puissances mondiales.

Mais, les technologies pour exploiter les ressources souterraines manquent aux États limitrophes. Aussi, des firmes et des États étrangers se disputent pour mettre la main sur des contrats d’exploitation qui, en général, ne profitent pas aux populations locales. Au nom de la lutte contre le terrorisme, les États -Unis d’Amérique et la France sont parvenus à établir des bases militaires dans la presque totalité des États autour du Sahara sans pour autant parvenir à mettre fin au fléau. Luttent -ils réellement contre le terrorisme? Ou sont-ils là pour éviter que la Chine et la Russie ne les supplantent dans les rapports avec le continent?

Dans tous les cas, les États autour du Sahara, comme tous les États africains, pour leur salut, doivent se réveiller, avant qu’ils ne succombent tous à leur défaitisme devenu chronique.