En découdre avec l’idée selon laquelle l’on n’est élu que pour soi.

En Afrique, ce que l’on appelle « démocratie » dans les discours n’est en réalité, dans la pratique qu’une autocratie  » déguisée « , auréolée de népotisme.

C’est pourquoi, entend – t – on souvent dire que » celui qui est élu, est élu pour lui – même et les siens ».

Une conception du rôle de l’élu qui n’est pas pour déplaire à nos dirigeants qui se disent démocrates, républicains ou nationalistes, sans réelle conviction, leur sport favori étant l’utilisation de l’argent du contribuable pour assouvir des intérêts égoïstes.

Pourtant, les politiciens lorsqu’ils sont de l’opposition, les syndicats, les organisations des droits de l’homme, les ONG, la presse, les associations féminines et juvéniles ont de tout temps dénoncé le phénomène.

Malheureusement, ils sont peu ou mal compris des populations qui les qualifient d’agitateurs de l’ordre public, encouragées en cela par les tenants du pouvoir.

Pourquoi, le phénomène perdure – t – il ?

Des concepts mal compris ?

L’accaparement des richesses, au haut sommet de l’État, par l’élite dirigeante, perdure parce qu’à ce stade de nos jeunes démocraties, nous ne sommes pas suffisamment approprié les mécanismes qui, en principe, doivent être les gardes -fous contre le phénomène.

La démocratie, pour beaucoup de gens, en Afrique, est réduite à une seule de ses composantes: la participation de tous au choix des dirigeants. Une fois, le dirigeant choisi, pense – t -on, il peut disposer du pays et de ses ressources comme d’une possession personnelle. Une idée du chef, toujours ancrée dans la conscience collective et qui tire son origine probablement du temps des royaumes et des empires où les populations pouvaient être consultées sur des questions touchant à la vie de la nation mais les décisions et les richesses appartenaient au chef.

Les opposants politiques à un régime sont perçus comme des mauvais perdants qui, n’ayant pas pu accéder au pouvoir par les voies légales tentent de l’arracher en semant le désordre et en détruisant ce que le pouvoir construit. Une idée perpétrée par les régimes qui, les premiers ont été aux affaires dans nos pays et qui se retourne malheureusement contre eux lorsqu’ils se retrouvent aujourd’hui dans l’opposition

Ceux qui sont à la tête des organisations de la société civile sont, aux yeux de certains, des opportunistes qui, dans les meilleurs des cas, ne défendent que les intérêts d’une corporation ou d’une couche socioprofessionnelle et même au détriment de l’intérêt général.

La presse et les ONG dans une moindre mesure, sont taxées de partiales lorsqu’on ne les croit pas jouant le jeu du pouvoir ou celui de l’opposition.

A un pouvoir qui abuse, un contre – pouvoir qui modère.

L’élection, dans le contexte démocratique, traduit la volonté des populations de confier la gestion des affaires publiques à l’un des leurs.

Mais en retour, ce dernier se doit non seulement de respecter et de faire respecter la loi mais aussi de rendre compte au peuple de la manière dont les biens de la communauté ont été utilisés.

Et lorsque l’élu abuse de la confiance placée en lui en s’adonnant à toutes sortes de pratiques malsaines, le peuple à travers ses différentes composantes (sociales, politiques et professionnelles) est en droit de le lui faire savoir.

Les partis politiques de l’opposition, les syndicats, les organisations de la société civile, la presse, doivent être encouragés, pour que les pressions qu’ils exercent sur les décideurs soient suivies d’effets.

En effet, face à un pouvoir qui abuse, rien de plus efficace qu’un contre – pouvoir qui modère.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s