Le Sahel à l’épreuve du réchauffement climatique.

Au Sahel, l’hivernage promet cette année.

Pour preuve, au Mali, les zones, connues pour être traditionnellement les moins arrosées, viennent d’être gratifiées de fortes pluies en ce mois d’août. La ville de Tombouctou a enregistré 74 mm de pluie la semaine dernière( Un peu plus que la moyenne annuelle de ces cinq dernières années). Elle a fait tomber des maisons construites aux abords des bas -fonds.

Des risques d’inondation.

Les pluies sont très attendues par les populations notamment les agriculteurs et les éleveurs qui, eux, ont assisté les mois passés à la perte de leurs bétails faute de nourriture et d’eau dans les zones de pâturage.

On ne doit pas pour autant se réjouir car un de ses agents de Mali -météo, évoquait, il y’a de cela une semaine, à la télévision malienne, des risques d’inondation courant 2018.

Dans le cas où cette prévision se confirmait, les conséquences pourraient être énormes comme c’est généralement le cas dans les pays du Sahel.

D’innombrables conséquences par le passé.

Les fortes pluies et les inondations ont été suivies dans bien de cas d’énormes pertes matérielles et humaines.

Le CILSS (Comité permanent Inter -États de Lutte contre la Sécheresse dans le Sahel), dans un bulletin intitulé Le Sahel face aux changements climatiques, enjeux pour un développement durable, soutient qu’en:

<< 2005: Entre le 16 et le 22 août, Dakar a enregistré 367 mm de pluie, soit plus de la moitié du cumul pluviométrique moyen annuel. Il s’en est suivi l’inondation de nombreuses habitations et celle de la route nationale 1.

2007: Pires inondations en Afrique de l’ouest depuis plus de 30 ans avec 33 morts au Burkina Faso, 23 au Nord Togo, 46000 déplacés dont 26000 au Burkina Faso et 14000 au Togo. Au Burkina Faso, 17 689 ha de cultures inondées, des pertes de production de l’ordre de 135 500 tonnes, 55 barrages dont des digues ont cédé…>>

En Côte d’Ivoire, des inondations ont récemment causé le déplacement de nombreuses populations.

Il semble donc évident que le Mali comme la plupart des États ouest africains, bien que habitués aux inondations, ne se sont pas suffisamment adaptés.

Des mesures lacunaires.

Les populations n’hésitent pas à prendre des initiatives de leur propre chef, pour se mettre à l’abri. Par exemple, en début d’hivernage, nombreuses sont les associations de jeunes qui, dans les pays Sahéliens, organisent des journées de curage de caniveaux. Cette mesure, à elle seule, est insuffisante d’autant plus les villes ne disposent pas en général d’une bonne politique d’urbanisation. Les gouvernements, les autorités locales sont plus que jamais interpellés. La mobilisation des services de secours et les programmes d’urgence sont certes importants mais il reste néanmoins que, les États réagissent tardivement et de façon peu efficace. Les actions et initiatives entreprises par les États pour prévenir les phénomènes météorologiques extrêmes restent lacunaires alors que les évolutions futures du climat pourraient rendre ceux-ci plus intenses.

Évolutions futures du climat au Sahel.

D’après les études menées par des ingénieurs du CILSS, l’Afrique de l’ouest sahélienne connaîtrait en 2050, une augmentation des températures autour de 2°C.

Selon 29 modèles climatiques, la tendance serait à la hausse des pluies dans le Sahel Est et à la baisse dans le Sahel Ouest.

Les événements extrêmes ( vagues de chaleur , inondations et sécheresse) seraient plus intenses et plus fréquents d’ici la fin de ce siècle. La probabilité étant de 90% pour les deux premiers et de 66% pour la sécheresse.

Une gestion basée sur à la fois la prévision et la prévention.

Les États, pour préserver, les populations et leurs biens, les infrastructures et les systèmes naturels de conséquences des phénomènes extrêmes, doivent:

– Être en mesure de les prévoir en encourageant les recherches et en se dotant d’outils performants.

– Informer et sensibiliser les populations sur les risques de catastrophes et sur la conduite à tenir en cas de catastrophe avérée. Mettre en place des systèmes d’alerte efficaces.

– Réviser les politiques qui existent en matière d’urbanisation des villes et les adapter aux événements extrêmes.

– Développer de méthodes agricoles susceptibles d’aider à amoindrir les effets du réchauffement climatique sur les sols et l’eau.

– Lutter contre la déforestation, la désertification, les feux de brousse et protéger la faune et la flore en renforçant les mesures juridiques et réglementaires.

– Songer à vulgariser les énergies respectueuses du climat en facilitant l’accès aux énergies renouvelables que les populations doivent utiliser progressivement à la place des combustibles fossiles.

Le rêve est permis. Il appartient aux hommes et aux femmes de la Région du Sahel de le transformer en réalité.

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