Présidentielles 2018 au Mali: Requêtes et quête du pouvoir risquent de déstabiliser le pays.

Hier, la cour constitutionnelle du Mali a proclamé les résultats définitifs du premier tour de l’élection présidentielle. Le président Ibrahim Boubacar Keita (IBK), candidat à sa propre succession et le chef de file de l’opposition Soumeila Cissé s’affrontent au second tour prévu ce dimanche 12 Août 2018.

Si, pour les partisans d’IBK, le premier tour s’est déroulé sans incident majeur, 20 candidats ne sont pas de cet avis. Ils sont montés au créneau pour dénoncer ce qu’ils qualifient de mascarade électorale.

Des résultats contestés.

Dès la proclamation des résultats provisoires par le ministère de l’administration territoriale, des déclarations émanant d’une vingtaine de candidats ont fusé de toute part pour les contester. Les raisons avancées sont entre autres:

– la non neutralité d’agents et services de l’État, accusés d’avoir orchestré la victoire d’IBK.

– le bourrage d’urnes et le trucage des résultats mis à nu par les nombreuses incohérences décelées ça et là lors de la centralisation.

– les incidents survenus dans les zones non favorables au candidat IBK.

Aussi, la cour constitutionnelle a été saisie afin d’invalider les résultats de tous les bureaux en erreur.

Des requêtes rejetées.

La cour constitutionnelle n’a fait que confirmer les résultats provisoires à quelques réajustements près. Les requêtes concernant le départ du ministre de l’administration territoriale, chargé de l’organisation des élections et la récusation de six de neufs sages de la cour constitutionnelle, ont été également ignorées.

Tous les ingrédients d’une crise réunis

Les déclarations faites par les candidats contestataires avant et après la proclamation des résultats définitifs sont à l’origine de certaines spéculations qui vont bon train dans les villes et les campagnes. Les partisans de l’un et de l’autre camp sont très actifs dans les débats qui font rage sur les réseaux sociaux et dans les grins, les salons et les marchés. On attribue à des candidats ou à leurs proches collaborateurs des propos diffamatoires pouvant inciter à la haine et à la violence.
Une situation qui, si elle n’est pas tenue en lisières, risque de raviver les tensions récemment ouvertes par les conflits interethniques au centre et au nord du pays et celles déjà vieilles générées par la crise politico – sécuritaire de 2012. Une nième crise à laquelle notre pays ne survivra pas.

Des appels à la retenue.

C’est cela qu’ont pressenti de nombreux associations et mouvements nationaux et internationaux.

La ligue des imams du Mali et le conseil national des jeunes du Mali, dans des déclarations lues à la télé, ont appelé les candidats à mettre le Mali au dessus des intérêts personnels et à œuvrer pour sauvegarder la cohésion sociale et l’unité nationale.

La mission d’observation de l’Union européenne a demandé aux candidats de privilégier les voies de recours légales pour le règlement des différends.

Pourvu que tous ces appels soient entendus.

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